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Voyage culturel à Soleure

Voyage culturel à Soleure.

Soleure, magnifique ville baroque, dont la variété de ses élégants monuments historiques et de ses fontaines forme un tout cohérent d'une belle harmonie. Ville d'art et d'histoire, Soleure était autrefois le siège de plusieurs ambassades étrangères, dont celle de France. ARTHIS y avait déjà mené ses membres en novembre 2000. Dix-sept ans ont passé, mais la ville reste un bijou intact trop souvent méconnu. Le comité a donc décidé de reproposer cette destination exceptionnelle à ses membres, et s’est approché de Renaud de Montmollin, ancien président d’ARTHIS et fin connaisseur du baroque, pour organiser le voyage et commenter ces belles découvertes au groupe.

Le soleil, hélas, ne s’est pas invité à l’occasion de cette journée du 5 novembre, ce qui n’a pas découragé les 40 participants.

La première étape était une visite de la chapelle de Combes (chapelle Sainte-Anne), qui domine la plaine au-dessus du Landeron depuis le 17ème siècle. Sa construction qui respecte à la perfection le nombre d’or et sa statuaire de grande valeur en font un moment particulièrement intéressant. Hélas, nous avons attendu notre guide en vain, en raison de son décès la veille au soir. C’est donc seulement de l’extérieur que nous avons pu admirer cette ravissante bâtisse.

Chapelle de Combes, construite au 17ème siècle dans le respect du nombre d'or

Chapelle de Combes, construite au 17ème siècle dans le respect du nombre d'or

En raison de l’avance prise sur notre programme suite à ce triste contretemps, nous avons quelque peu modifié notre planning et nous sommes rendus à la chapelle Zu Kreuzen, édifiée en 1643 par la famille soleuroise von Roll, à laquelle elle sert de caveau familial. Dans le chœur se trouve une « chapelle dans la chapelle », dans laquelle on accède en se pliant, et qui  contient une reproduction du tombeau du Christ.

Le site de Kreuzen, un lieu hors du temps

Le site de Kreuzen, un lieu hors du temps

La chapelle von Roll, à Kreuzen, émergeant au détour d'un chemin

La chapelle von Roll, à Kreuzen, émergeant au détour d'un chemin

Les membres écoutent les explications fournies par Renaud de Montmollin

Les membres écoutent les explications fournies par Renaud de Montmollin

L'un des vitraux de la chapelle von Roll de Kreuzen

L'un des vitraux de la chapelle von Roll de Kreuzen

La "chapelle" que l'on peut admirer dans le coeur de la chapelle von Roll est une curiosité dans laquelle on est obligé de pénétrer courbé

La "chapelle" que l'on peut admirer dans le coeur de la chapelle von Roll est une curiosité dans laquelle on est obligé de pénétrer courbé

La réplique du tombeau du Christ, à l'intérieur de la "chapelle miniature" du coeur de la chapelle von Roll

La réplique du tombeau du Christ, à l'intérieur de la "chapelle miniature" du coeur de la chapelle von Roll

La petite descente à pied en direction de Einsiedelei débouche en haut de gorges, dans un vallon enchanteur où ont été construits la maison de l’ermite et deux chapelles baroques : la chapelle Sainte Vérène creusée dans la roche et ouverte sur l'extérieur, et la chapelle Saint Martin. La présence d'un ermite est attestée dans ce lieu dès 1442 ; il loge actuellement dans une maisonnette de 1624.

Site de Einsiedelei, avec la chapelle Sainte-Vérène à gauche et celle de Saint-Martin à droite

Site de Einsiedelei, avec la chapelle Sainte-Vérène à gauche et celle de Saint-Martin à droite

Maison occupée par l'ermite de Einsiedelei

Maison occupée par l'ermite de Einsiedelei

Sainte Vérène avait choisi de se retirer dans le calme de ce lieu et la solitude après la mort des saints patrons de la ville de Soleure, les martyrs Ourse et Victor. Elle est toujours représentée avec une cruche et un peigne, symbole de ses activités charitables auprès des pauvres et des malades ; elle porte d’ailleurs la tenue des servantes. La chapelle qui lui est dédiée, mentionnée en 1429 et refaite en 1631, est lovée sous une falaise. Elle abrite un autel probablement réalisé en 1648, ainsi qu'un Saint-Sépulcre agencé sous un arc de triomphe néoclassique datant de 1810. Au-devant, on voit un Mont des Oliviers de style baroque, avec des personnages plus grands que nature (donation de 1691).

Chapelle Sainte-Vérène, mentionnée déjà en 1429, et qui se prolonge dans la roche

Chapelle Sainte-Vérène, mentionnée déjà en 1429, et qui se prolonge dans la roche

Saint-Sépulcre que l'on découvre dans la chapelle Saint-Vérène et qui date de 1810

Saint-Sépulcre que l'on découvre dans la chapelle Saint-Vérène et qui date de 1810

Sculptures encadrant le Saint-Sépulcre

Sculptures encadrant le Saint-Sépulcre

Quant à la chapelle Saint-Martin, on en trouve trace en 1426 déjà, et on sait qu’elle a été transformée en 1576 et 1663 ; ses murs et plafond sont magnifiquement décorés de fresques et de peintures qu’on peut admirer à travers une porte grillagée.

Chapelle Saint-Martin, lovée contre la falaise

Chapelle Saint-Martin, lovée contre la falaise

Les murs et le plafond de la chapelle Saint-Martin sont entièrement décorés

Les murs et le plafond de la chapelle Saint-Martin sont entièrement décorés

L'autel de la chapelle Saint-Martin

L'autel de la chapelle Saint-Martin

Remplis de belles images et d’une profonde sérénité, nous sommes ensuite partis pour le Château de Waldegg, construit à la fin du 17ème siècle par Jean Victor de Besenval, et qui reflète les temps glorieux où Soleure était le siège des ambassadeurs du Roi de France. Il compte parmi les constructions profanes de style baroque les plus remarquables de Suisse. Grâce à la fondation familiale créée en 1684 et au respect pour les traditions dont fit preuve la famille de Sury, une grande partie du mobilier d’origine peut aujourd’hui être admirée dans les salles richement décorées ; les peintures exposées sont elles-mêmes liées à l’histoire de la famille des propriétaires. Outre le bâtiment principal, nous avons également pu entrer dans la chapelle Saint-Michel.

Le château de Waldegg tel qu'il se présente en arrivant par le portail principal

Le château de Waldegg tel qu'il se présente en arrivant par le portail principal

Renaud de Montmollin, toujours très bien préparé pour donner toutes les explications nécessaires quant aux lieux que nous visitons

Renaud de Montmollin, toujours très bien préparé pour donner toutes les explications nécessaires quant aux lieux que nous visitons

Philippe Richème, l'un de nos vérificateurs des comptes, très attentif pour réaliser plusieurs photos du voyage présentées dans cet article

Philippe Richème, l'un de nos vérificateurs des comptes, très attentif pour réaliser plusieurs photos du voyage présentées dans cet article

La maquette du château

La maquette du château

Vue en direction de Soleure depuis les fenêtres des étages du château

Vue en direction de Soleure depuis les fenêtres des étages du château

Salon du château

Salon du château

Salle à manger du château

Salle à manger du château

Mobilier du château de Waldegg

Mobilier du château de Waldegg

Mobilier du château de Waldegg

Mobilier du château de Waldegg

Mobilier du château de Waldegg

Mobilier du château de Waldegg

Détail du plafond de l'une des chambres à coucher du château de Waldegg 

Détail du plafond de l'une des chambres à coucher du château de Waldegg 

Eglise Saint-Michel, à Waldegg

Eglise Saint-Michel, à Waldegg

Après un excellent repas (émincé à la zürichoise – hélas non à la soleuroise…) pris dans le Restaurant Kreuzen, nous nous sommes déplacés pour visiter la vieille ville de la porte de Bienne à la porte de Bâle. En se baladant ainsi, on ne peut que s’émerveiller devant son patrimoine bâti, inspiré tant par l’architecture italienne que française. Tous est dans les détails sur les façades, réalisées dans le beau calcaire blanc exploité non loin, au Weissenstein (comme son nom l’indique).

Repas au Restaurant Keuzen

Repas au Restaurant Keuzen

Repas au Restaurant Keuzen

Repas au Restaurant Keuzen

La porte de Bienne ferme la vieille ville de Soleure à l'ouest

La porte de Bienne ferme la vieille ville de Soleure à l'ouest

Nous sommes passés devant quelques-unes des 11 fontaines de la ville, dont celle de la Justice. Comme de nombreuses autres de ses comparses soleuroises, mais aussi neuchâteloises, elle a été sculptée au 16ème siècle par Laurent Perroud. Sa chèvre est surmontée de la Justice, au pied de laquelle se trouvent un pape, un avoyer (premier magistrat), un empereur et un grand Turc, qui figurent les quatre différentes formes du gouvernement à cette époque-là.

Le groupe à la découverte de Soleure, les parapluies désormais fermés

Le groupe à la découverte de Soleure, les parapluies désormais fermés

La vieille ville de Soleure a été bâtie en calcaire blanc provenant du Weisstein ; on voit sur la droite l'église des Jésuites

La vieille ville de Soleure a été bâtie en calcaire blanc provenant du Weisstein ; on voit sur la droite l'église des Jésuites

Vue de la chèvre de la fontaine de la Justice, oeuvre de Laurent Perroud au 16ème siècle

Vue de la chèvre de la fontaine de la Justice, oeuvre de Laurent Perroud au 16ème siècle

Nos pas nous ont également menés devant la Tour de l’Horloge, qui date du début du 13ème siècle (c’est le plus ancien monument de Soleure). La grande horloge astronomique, construite en 1545 par Lorenz Liechti et Joachim Habrecht, sonne les jours, les mois et les années. Sous le cadran, trois symboles indiquent à chaque heure le sens de la vie : un chevalier, la Mort et, au milieu assis sur le trône, un roi coiffé d'un bonnet de fou. La Mort bascule son sablier à chaque coup des heures, et tourne la tête vers le chevalier, le symbole de la vigueur, pour lui dire que son heure est venue.Nos pas nous ont également menés devant la Tour de l’Horloge, qui date du début du 13ème siècle (c’est le plus ancien monument de Soleure). La grande horloge astronomique, construite en 1545 par Lorenz Liechti et Joachim Habrecht, sonne les jours, les mois et les années. Sous le cadran, trois symboles indiquent à chaque heure le sens de la vie : un chevalier, la Mort et, au milieu assis sur le trône, un roi coiffé d'un bonnet de fou. La Mort bascule son sablier à chaque coup des heures, et tourne la tête vers le chevalier, le symbole de la vigueur, pour lui dire que son heure est venue.

La Tour de l'Horloge, construite en 1545

La Tour de l'Horloge, construite en 1545

Le Chevalier, le Roi et la Mort de la Tour de l'Horloge

Le Chevalier, le Roi et la Mort de la Tour de l'Horloge

Heureux moment de complicité entre Louise Rieder et Florence Rebord-Nicole

Heureux moment de complicité entre Louise Rieder et Florence Rebord-Nicole

Renaud de Montmollin nous a ensuite présenté l’église des Jésuites, érigée entre 1680 et 1689, probablement d'après les plans esquissés par frère Heinrich Mayer et selon l'exemple de maîtres d'œuvre du Voralberg. Elle a été construite comme espace baroque universel avec des ouvrages en stuc de grande valeur, qui sont vraisemblablement l’œuvre des frères luganais Giacomo et Pietro Neurone. Le maître-autel de 1704, réalisé par le peintre Franz Carl Stauder, représente l'Assomption de Marie, encadrée par des colonnes monumentales.

L'église des Jésuites, construite entre 1680 et 1689

L'église des Jésuites, construite entre 1680 et 1689

L'impressionnant et monumental maître-autel a été réalisé par le peintre Franz Carl Stauder en 1704 et représente l'Assomption de Marie

L'impressionnant et monumental maître-autel a été réalisé par le peintre Franz Carl Stauder en 1704 et représente l'Assomption de Marie

La chaire, très belle, entre en harmonie absolue avec l'ensemble du décor

La chaire, très belle, entre en harmonie absolue avec l'ensemble du décor

Détail du décor du plafond

Détail du décor du plafond

A quelques pas de là se dresse majestueusement la cathédrale Saint-Ourse, de style néoclassique, construite par l’architecte Gaetano Matteo Pisoni de 1762 à 1773. Les spécialistes considèrent cette cathédrale comme l’un des plus beaux édifices baroques d'Europe centrale. Son nom rappelle la légende des deux Romains Ourse et Victor, qui ont été décapités à Soleure vers 286 parce qu'ils étaient chrétiens ; on raconte que leurs corps, tombés dans l’Aare, ont saisi leur tête sous le bras et ont rejoint le cimetière romain. Cette cathédrale est l’incarnation même du symbolisme du chiffre 11. En effet, elle a été réalisée en onze ans, elle possède trois rangées de onze marches qui mènent au parvis, et les colonnes qui encadrent la porte sont formées de onze parties. La hauteur du clocher est de 6 x 11 mètres et celui-ci abrite onze cloches. Dans la nef, si on se place sur la onzième dalle noire, on aperçoit les onze autels, et les bancs sont disposés par rangs de onze.

La cathédrale Saint-Ourse se dresse entre la porte de Bâle et l'Hôtel de la Couronne

La cathédrale Saint-Ourse se dresse entre la porte de Bâle et l'Hôtel de la Couronne

Les participants s'apprêtent à monter les 3 x 11 marches qui mènent à l'entrée de la cathédrale

Les participants s'apprêtent à monter les 3 x 11 marches qui mènent à l'entrée de la cathédrale

A l'intérieur se trouve l'imposant maître-autel en forme de sarcophage de Carlo Luca Pozzi. La sacristie côté nord abrite le trésor du dôme avec, entre autres, le sacramentaire de Hornbach (Reichenau, vers 983) et la magnifique statue de Marie de Mannlich et Bendl datant de la même année. La perspective de la croisée du transept et de la coupole est particulièrement impressionnante. La plupart des peintures des voûtes datent de 1769 et sont l'œuvre de Gottfried Berhard Göz. Les autels des collatéraux sont aussi du 18ème siècle. La décoration n'est pas surchargée car les stucs ne sont pas peints.

La cathédrale Saint-Ourse, érigée par l’architecte Gaetano Matteo Pisoni de 1762 à 1773

La cathédrale Saint-Ourse, érigée par l’architecte Gaetano Matteo Pisoni de 1762 à 1773

Les espaces intérieurs s'élèvent avec une parfaite harmonie, dans un style particulièrement inspirant

Les espaces intérieurs s'élèvent avec une parfaite harmonie, dans un style particulièrement inspirant

Infatigable, Renaud de Montmollin commente l'intérieur de la cathérale

Infatigable, Renaud de Montmollin commente l'intérieur de la cathérale

La chaire

La chaire

Détail du décor de la tour-lanterne, qui amène une belle clarté à l'intérieur de la cathédrale

Détail du décor de la tour-lanterne, qui amène une belle clarté à l'intérieur de la cathédrale

Détail du sol

Détail du sol

Le groupe se dirige vers la porte de Bâle, afin de retrouver le car qui attend pour la dernière étape de la journée

Le groupe se dirige vers la porte de Bâle, afin de retrouver le car qui attend pour la dernière étape de la journée

Le car est aux couleurs de Xamax

Le car est aux couleurs de Xamax

Notre dernière étape de la journée a constitué une surprise de taille pour tous. Nous avons totalement changé de style pour nous immerger dans une œuvre incroyable de Walter Förderer, l’église Saint-Clément de Bettlach. Elle a été construite entre 1965 et 1969 dans un design intemporel en béton apparent. Le bâtiment est caractérisé par des plans d'étages polygonaux et des volumes complexes et imbriqués, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. L’intérieur combine harmonieusement le bois et le béton, avec une mise en valeur particulièrement saisissante grâce à un éclairage indirect.

L'église Saint-Clément de Bettlach (Bâche en français) a été construite entre 1965 et 1969 par Walter Förderer

L'église Saint-Clément de Bettlach (Bâche en français) a été construite entre 1965 et 1969 par Walter Förderer

Dans les années 1960, les autorités avaient prévu que le village se développe bien davantage qu'il ne l'a fait ; en conséquence, l'église est particulièrement vaste puisqu'elle peut accueillir 5'000 personnes

Dans les années 1960, les autorités avaient prévu que le village se développe bien davantage qu'il ne l'a fait ; en conséquence, l'église est particulièrement vaste puisqu'elle peut accueillir 5'000 personnes

Le clocher de l'église Saint-Clément, entièrement en béton lui aussi

Le clocher de l'église Saint-Clément, entièrement en béton lui aussi

Les membres d'Arthis se réjouissent de découvrir l'intérieur de l'église

Les membres d'Arthis se réjouissent de découvrir l'intérieur de l'église

L'intérieur offre un étonnant mariage entre le béton et le bois, et les volumes sont très harmonieusement pensés

L'intérieur offre un étonnant mariage entre le béton et le bois, et les volumes sont très harmonieusement pensés

Détail de l'intérieur de l'église Saint-Clément de Bettlach

Détail de l'intérieur de l'église Saint-Clément de Bettlach

Enfin, la journée n’aurait pas été aussi chaleureuse si le café accompagné de brioches (à l’aller) et le verre de l’amitié (au retour) n’avaient pas été servis dans le car, comme le veut une tradition dûment établie ! En outre, nous avons pu entendre le très intéressant exposé de Chantal Lafontant Vallotton, conservatrice du département historique du MahN, qui portait sur les relations entre Neuchâtel et Soleure.

En conclusion, nous pouvons affirmer que cette excursion aura été celle de bien des contrastes et de très belles découvertes pour tous. Les membres présents ont unanimement déclaré qu’ils avaient l’envie de retourner sur place afin d’approfondir leur connaissance de tous ces trésors. Pari gagné pour l’équipe des organisateurs et pour notre principal guide du jour, Renaud de Montmollin, Mélanie Bianchi et Julie Rieder !

Julie Rieder, novembre 2017

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