Réalisations et pièces acquises par le Musée grâce au soutien d’Arthis
Journée culturelle à Winterthur du 19 février 2011
A l’invitation du directeur du Kunstmuseum de Winterthur, M. Dieter Schwarz, nous avons organisé une visite de l’exposition temporaire « die Natur der Kunst », œuvres du 19ème siècle à nos jours, visite commentée par le directeur lui-même.
Lors de la même journée, nous avons été reçus par le directeur du cabinet de numismatique, M. Benedikt Zach, au Musée de la Monnaie et des médailles à la Villa Bühler. Il a commenté lui-même la visite de l’exposition temporaire « Or & Argent, la monnaie nouvelle au Bas Moyen-Age ». Gilles Perret, Conservateur du cabinet de numismatique du MAH, en était l’instigateur.
Une belle journée à Winterthur en train (quelque 35 participants) avec un repas convivial au restaurant Strauss.
Voyage culturel d’Arthis à Nancy des 30 et 31 octobre 2010.
Sous la conduite de Walter Tschopp, Lucie Girardin-Cestone et Corinne Suter, nous avons passé un week-end passionnant à Nancy avec un groupe de quelque 30 personnes.
Pendant le voyage en car, nous avons bénéficié d’une introduction à l’histoire de cette ville au riche passé grâce aux explications de Chantal Lafontant-Vallotton. Une fois sur les lieux, ce sont, tour à tour, un guide de l’Office du tourisme, puis Walter Tschopp et Lucie Girardin-Cestone qui nous ont conduits à la découverte des aspects très divers de cette magnifique cité.
Nancy est la deuxième ville la plus importante de la Lorraine après Metz. Sans entrer dans tous les détails de son histoire, il faut relever qu’au XVIIème siècle, elle jouit d’un essor artistique de premier plan grâce à des artistes tels que Jacques Callot ou Georges de la Tour. Mais c’est au XVIIIe siècle qu’elle connait son apogée grâce à Stanislas Leszczynsky, ancien roi de Pologne qui reçoit de son beau-fils, le roi de France Louis XV, le duché de Lorraine. Sous son règne, Nancy va atteindre le sommet de sa splendeur avec l’édification de la Place Stanislas et de la place d’Alliance complétées par le nouvel aménagement de place de la Carrière. Ces trois places forment un ensemble architectural prestigieux qui a valu à la ville son inscription au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Nous avons visité tous ces monuments et admiré la ferronnerie d’art de Jean Lamour, créateur notamment des quatre portes de la Place Stanislas ainsi que de l’époustouflante rampe de l’escalier intérieur de l’Hôtel de Ville. Ce parcours s’est conclu avec les visites, à choix, des deux principaux musées du centre ville : le musée des Beaux-arts qui occupe un des magnifiques bâtiments de la place Stanislas et du Musée lorrain situé dans le Palais ducal, édifice du XVe e siècle au cœur de la « Ville vieille ».
Nancy est aussi la capitale française de l’Art nouveau avec l’Ecole de Nancy qui se développe dès la fin du XIXe siècle et au début XXème siècle tant dans les domaines de l’architecture que des arts appliqués avec des créateurs tels qu’Emile Gallé. Nous avons consacré notre deuxième journée à cet aspect avec la visite du Musée de l’Ecole de Nancy où sont réunies toutes les tendances de l’art nouveau nancéien: meubles en marqueterie inspirés de la nature, verres multicolores, mosaïque de nénuphar au sol, peintures de Victor Prouvé etc. Pour finir, un parcours en car nous a fait traverser des quartiers construits dans le style très typique de ce mouvement avec notamment la Villa Majorelle. Nous avons pu nous rendre compte que l’Art nouveau est partout dans cette ville : sur les façades de maisons, sur les devantures des magasins, dans les brasseries comme à L’Excelsior où se terminait notre périple.
Pour une première d’un voyage culturel d’Arthis sur deux jours, ce fut un vif succès, renforçant également les liens d’amitiés entre les participants. L’hôtel de Guise, les repas à la Brasserie du Petit Cluny et à la Brasserie Excelsior-Flo ont agrémenté ce séjour.
Un cadeau marquant
En 2007, Arthis a décidé de marquer ses 10 ans d’existence en offrant un cadeau particulier au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel.
Il s’agissait de trouver une œuvre d’art qui serait visible de tous – et toute l’année. Ce fut finalement une sculpture, destinée à l’Esplanade Léopold-Robert, devant le Musée, sur laquelle se trouvent déjà plusieurs autres œuvres plastiques importantes.
Le choix s’est porté sur une œuvre de Günther Förg, un artiste de renommée internationale, qui habite et travaille dans le canton de Neuchâtel depuis de nombreuses années.
Né en 1952 à Füssen, en Allemagne, Günther Förg habite Areuse, mais a son atelier au Locle. Il est également professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Munich. Peintre, photographe, sculpteur, Günther Förg s’est fait connaître dès les années 1980 pour son travail sur différentes formes d’abstraction. Ses œuvres conceptuelles, d’abord monochromes, ont évolué vers une expression privilégiant les couleurs, que ce soit sous la forme de quadrillages (que l’on retrouve par exemple dans l’affiche qu’il a créée pour Roland Garos en 2006) ou sous la forme de taches multicolores (Felder – Ränder 2007).
Günther Förg a notamment exposé au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1991 et au Centro de Arte Reina Sofia de Madrid en 1999. Ses œuvres sont présentes dans de nombreux musées majeurs, dont le Musée d’art moderne de San Francisco, le Musée Guggenheim de Berlin, ou encore le Musée d’Art contemporain de Turin. Il a également exposé avec d’autres artistes, dont Imi Knoebel, Martin Kippenberger, Gerhard Richter, Albert Oehlen et Franz West.
Plusieurs galeries le représentent, dont la Galerie Lelong, à Zürich et Paris.
Simple et géométrique, l’œuvre qu’Arthis a offerte au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel constitue désormais le cœur de l’Esplanade Léopold Robert, dont les autres sculptures ont été redistribuées pour l’occasion. Elle évoque, en quelque sorte, une fenêtre sur le monde (chaotique) pour le visiteur qui quitte le musée, et représente, avec ses larges barres métalliques successives et sa couleur vive, un grand geste signalétique pour ceux qui arrivent sur l’esplanade.
Elle a été exposée une première fois à Môtiers durant l’été 2007 (Sculpture sans titre 2007 450 x 200 X 25 cm ; acier 37).
2007 : une occasion particulière et un voyage en Pays neuchâtelois
Arthis a fêté son 10e anniversaire ! Pour célébrer l’évènement, les membres du comité ont décidé de concocter un « voyage surprise », dont seule la destination générale serait connue des participants, les différents points de chute étant dévoilés au cours de la journée. Cette édition 2007 a permis la découverte d’un patrimoine riche et varié, aux portes de Neuchâtel, dont voici les moments forts.
La Grande Rochette (av. de la Gare 24), nous a été présentée par Jacques Bujard, chef de l’Office de la protection des monuments et des sites du canton de Neuchâtel. Les premières mentions d’un bâtiment remontent au 16e siècle, sans doute agrandi ou reconstruit au tout du début du 18e. Mais les importantes transformations qui ont donné à cette demeure son caractère actuel datent de 1801, juste après son acquisition par le général Charles-Daniel de Meuron. Des jardins en terrasses, on jouit d’une vue imprenable sur la ville et le lac. Nous avons notamment eu le plaisir de découvrir une galerie dont le mur est orné d’une girafe, d’un rhinocéros et d’un éléphant ainsi que la cage d’escalier de l’entrée septentrionale, agrémentée de fresques peintes ayant pour thème les origines de la Confédération.
Parallèlement, Chantal Lafontant-Vallotton, conservatrice du département historique au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, a fait un exposé sur les enjeux liés au développement du quartier de la gare et les grandes transformations qui l’ont façonné.
Nous nous sommes ensuite rendus à la Chaux-de-Fonds pour visiter la Maison Blanche de Le Corbusier sous la direction d’Edmond Charrière, président de la fondation « Maison Blanche ». Charles-Edouard Jeanneret, alors âgé de 25 ans, a construit cette demeure pour ses parents en 1912. Cette œuvre de jeunesse synthétise architecture, aménagement intérieur et art paysager. On peut en quelque sorte la considérer comme un « laboratoire d’idées » dans lequel se détectent les prémisses du travail de Le Corbusier sur la lumière naturelle, si typique du maître. La restauration de la Villa Jeanneret-Perret a été achevée en 2005, et les visiteurs la découvrent dans l'état où elle se trouvait en 1919, date à laquelle les parents de Le Corbusier l’ont quittée.
Le repas de midi a été servi à la Ferme des Brandt, aux portes de la Chaux-de-Fonds. Il s’agit là de l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture rurale des montagnes neuchâteloises, l’une des plus anciennes fermes du Canton conservée sans avoir subi de transformations majeures (la date de 1614 figure sur la façade). Un restaurant, ouvert en 2005, permet de se restaurer sous les voûtes de l’ancienne cuisine (sous le « tuyé ») ainsi que dans les pièces principales dont les boiseries datent du 17e siècle.
Après le repas, nous sommes allés aux temples de Dombresson et de Cernier, afin d’y contempler les vitraux réalisés par l’artiste neuchâtelois Aloys Perregaux. Ce dernier a commenté son approche, diamétralement différente entre ces deux lieux, ainsi que son interprétation de la religion et de la vie du Christ. Alors que les vitraux de Dombresson s’organisent en formes géométriques autour d’un camaïeu de blancs, ceux de Cernier représentent des scènes bibliques flamboyantes de couleurs.
La journée s’est terminée en beauté à Trois-Rods, magnifique propriété dominant le bourg de Boudry, où nous avons été généreusement reçus par Philippe Etienne, intendant du domaine et trésorier du Comité d’Arthis, et sa famille. Une partie de l’aménagement intérieur de la maison de maître (maison construite dans les années 1770), entrepris parallèlement à d’importantes transformations structurelles, date des années 1860. L’une des chambres du premier étage a toutefois conservé un exceptionnel décor de papiers peints de goût néo-classique datant de la fin du règne de Louis XVI, provenant de l’atelier Réveillon, à Paris. Nous avons eu le loisir d’admirer la cheminée d’un salon dont la conception et le décor datent de la fin du 19e siècle, et qui est décorée de cloisonnés de Clement Heaton. Précisons enfin que la bibliothèque conserve une remarquable collection d’ouvrages anciens.
En juillet 2006
Participation au financement de la plaquette consacrée à l'histoire des crèches neuchâteloises.
En novembre 2006
Une excursion annuelle, qui prend traditionnellement place le premier dimanche de novembre, permet aux membres d’Arthis de découvrir un lieu de culture dans des conditions exceptionnelles (visites guidées spécialement organisées à leur intention, accès ouvert à des lieux usuellement fermés au public, etc.). Ainsi, en novembre 2006, quelque 60 membres d’Arthis ont eu le privilège de visiter à Besançon, en France voisine, une magnifique exposition intitulée « Le Roi, l’Empereur et la Pendule, chefs-d’œuvre des collections du mobilier national», au Musée du Temps, puis d’être guidés à travers les collections de dessins anciens et de peintures par les conservateurs du Musée des Beaux Arts et d’Archéologie. L’exposition « De Vesontio à Besançon, la Ville s’expose » a donné une très jolie ouverture archéologique à cette magnifique journée.
En mai 2006
Arthis a participé à la « Nuit des Musées ». L’artiste Pavel Schmidt a procédé à une spectaculaire performance pyrotechnique et « nanoclastique », qui consista notamment à faire exploser des nains de jardin et une statue moulée de production industrielle et à composer, avec les fragments générés par l’explosion, une nouvelle sculpture, véritable œuvre d’art, cette fois unique.
Depuis décembre 2005
Arthis organise une soirée en faveur des donateurs du Musée d’Art et d’Histoire afin de les remercier de leur générosité.
2003
Arthis est la cheville ouvrière de l'achat et de l'enregistrement (transport, inventaire, nettoyage et mesures conservatoires, stockage et catalogage) des outils (étampes et poinçons), mais aussi des dessins issus des fonds de la fusion des médailleurs neuchâtelois Pierre Kramer, à Neuchâtel, et Huguenin Médailleurs, au Locle. Cette collection comprend quelque 20000 outils de frappe – la quasi-totalité de l’outillage conservé depuis la fin de la première guerre mondiale (les éléments du XIXe siècle ont malheureusement été détruits entre 1914 et 1918 afin de récupérer le métal). 2600 sujets environ sont d’un intérêt particulier puisqu’ils représentent des sujets neuchâtelois. Soulignons que cette ambitieuse opération (qui représente plus de CHF 150'000.-) a pu être menée à bien grâce au concours de plusieurs institutions (dont la Loterie Romande et certains fonds cantonaux).
2000
Acquisition d’un important tableau de Philippe Grosbéty à l’occasion de l’exposition qui a été consacrée par le Musée d’Art et d’Histoire à cet artiste loclois disparu en 1988.
1998
Contribution à l’édition du catalogue raisonné de Pierrette Favarger.
Acquisitions récentes
Au cours de l’année 2005, Arthis, grâce à la grande générosité de ses membres, a pu offrir au MAH deux pièces d’orfèvrerie neuchâteloise particulièrement importantes pour ses collections d’art appliqués : une épée d’apparat et un flacon à parfum.
Charles-Guillaume Bonvêpre (ca. 1749-1808) : épée d’apparat
Garde et lame en argent, décor chaînette, fourreau en cuir noir à garniture d’argent (longueur : 88 cm)
L’épée est l’œuvre de l’orfèvre neuchâtelois Charles-Guillaume Bonvêpre. Celui-ci est notamment connu pour avoir fabriqué de très belles pièces d’usage (des flambeaux et des chandeliers par exemple) et d’apparat. Ainsi, il réalisa des coupes de corporations ou de communion, mais aussi des coupes pour la Ville de Neuchâtel. Il est également l’auteur du sceptre de la Bourgeoisie de Neuchâtel, qui figure dans les collection du Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel.
L’épée offerte au Musée d’Art et d’Histoire présente un intérêt particulier dans la mesure où les épées neuchâteloises sont très rares ; en effet, seuls deux exemplaires sont connus en Suisse à ce jour, le second se trouvant conservé au Musée national suisse.
Nous sommes particulièrement heureux que cet objet ait pu intégrer les collections du Musée. Ce d’autant plus qu’un grand nombre des pièces réalisées par cet orfèvre – ainsi que par son père, un artisan tout aussi réputé – se trouvent à présent au Musée national suisse, à Zurich, n’ayant pu être acquises par le MAH en son temps (tout comme d’autres pièces d’argenterie neuchâteloise) faute des moyens nécessaires.
En excellent état de conservation, la pièce n’a nécessité aucune restauration.
Jean Redart (mort en 1766): flacon à parfum
Forme bouteille, à panse aplatie, avec un couvercle ; hauteur : 10, 7 cm, poids : 110 g.
Cette pièce est extrêmement rare : il s’agit du seul flacon à parfum neuchâtelois passé sur le marché de l’art durant les cinquante dernières années. Il porte une très belle armoirie gravée du XVIIIe siècle (non identifiée à ce jour) : un heaume surmonté d’un dragon ailé entouré de feuilles d’acanthes. En outre, il porte au revers le chiffre « IH » gravé sous entrelacs au XIXe siècle.
Cette pièce rarissime a été réalisée par Jean Redart, un des orfèvres neuchâtelois les plus marquants du XVIIIe siècle, tant par la qualité que par la diversité de sa production, et dont le Musée d’Art et d’Histoire possède déjà un certain nombre de pièces. Cet artisan est cependant essentiellement connu pour sa production civile liée aux arts de la table ; ce flacon montre donc un autre aspect intéressant de son art.
En outre, le flacon est particulièrement esthétique ; il est en excellent état, les poinçons y sont très bien marqués — donc tout à fait lisibles, et la gravure témoigne de la grande délicatesse de la main qui l’a exécutée.


